TRADUCTIONS

 







Il s’agit ici de l’histoire d’un texte qui a changé la face du monde.

Ce texte avait été écrit il y a plusieurs milliers d’années sur des rouleaux de parchemin dont on a retrouvé des restes sur les rives de la Mer Morte.

La première traduction qui en a été faite date du troisième siècle avant notre ère.

Il s’agit d’une traduction en grec et on la désigne sous le nom de Septante.

A partir de cette traduction, de nombreuses autres ont été faites, d’abord en latin, les plus anciennes étant la Vetus Latina et la Vulgate (environ vers le quatrième siècle).

Nous laissons de côté les traductions qui ont eu une influence mineure (araméen, syriaque, etc..)

Puis les traductions se succédèrent, français, anglais, italien, allemand, espagnol, et se multiplièrent jusqu’à atteindre le chiffre de 2600 langues différentes.








Il n’est pas étonnant que ce texte soit le plus traduit et le plus répandu puisqu’il est présenté comme la parole de Dieu.

Mais il est évident aussi que ces versions divergent, souvent sur des détails et parfois sur des points dont l’importance a servi de prétexte à de nombreuses guerres de religion.

Certains ont défendu la thèse que le culte de la vierge découle d’une erreur sur le mot alma.

D’autres s’étonnent que des titres de chapitres aient été carrément modifiés, ainsi le mot Chemot qui signifie Noms devient Exode, Bamidbar dont le sens est «Dans le désert» est traduit par Nombres et Devarim qui veut dire Paroles est transformé en Deutéronome.

On cite souvent l'exemple de l’introduction du mot ange comme traduction du mot mal-akh qui veut dire envoyé, messager, émissaire.

Cette substitution serait à l’origine de tous ces personnages ailés et d’une branche de la théologie appelée angéologie qui a suscité pendant des siècles des débats passionnés comme la fameuse querelle sur leur sexe.

Il serait impossible de recenser toutes les traductions-trahisons qu’on peut trouver sur un tel nombre de versions.

Si on s'intéresse aux traductions françaises, on s'aperçoit qu'il en existe une centaine, ce qui est déjà très étonnant (et même un tantinet suspect).

Vous pouvez vous reporter à cet article qui recense le plus importantes


TRADUCTIONS EN FRANÇAIS


On peut se reposer la question du nombre de versions à la lumière de ce que nous savons sur le français.

Si la Bible existe en 2600 langues, et si pour le français il y a 100 versions (et même s’il n’y en a pas autant pour chaque langue... quoique pour l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien, on doit trouver un nombre impressionnant de traductions différentes), on doit arriver à un chiffre astronomique de versions du même texte qui forcément diffèrent par nombre de détails (euphémisme).


En conclusion, il n’est pas question de s’engager dans une étude critique comparative, même si on décide de se cantonner au français. Il y faudrait des siècles, et quand bien même on mettrait en évidence des divergences flagrantes ou des erreurs de traduction, nous aboutirions soit à des conclusions inaudibles ou marginalisées, soit à un réveil des vieux conflits.


SCHEMA DES TRADUCTIONS


C’est pourquoi nous avons choisi une stratégie dont l’efficacité consiste à focaliser notre démarche sur un point qui présente l’avantage d’être à la fois majeur et incontestable.


Toutes ces versions (sauf une) s’accordent sur l’acteur principal de ce texte, sur le créateur du monde, sur celui qui a dicté à Moïse les dix commandements.


Dans le texte français, il s’agit de Dieu.


Même la Bible officielle du rabbinat français commence par :


Au commencement, Dieu avait créé le ciel et la terre.




(à suivre)



Nous verrons en particulier l’origine et les raisons du choix de ce nom propre ainsi que ses conséquences sur le judaïsme (religion, coutumes, métaphysique, théologie, pensée), sur le peuple juif dans son ensemble, sur ses rapports aux autres cultures et au monde, sur son aliénation qui date de la colonisation culturelle gréco-romaine, et enfin nous proposerons des moyens de sortir de cette impasse qui entraîne un destin tragique.


Nous suivrons pas à pas les étapes successives qui ont conduit, des noms originels, en passant par le "theos" de la Septante, à un nom qui change radicalement le paysage de la Torah et qui nous propulse dans un monde idolâtre.


Car l’introduction dans ce récit de ce nom propre étranger au texte est non seulement une imposture d'une audace stupéfiante  mais il n’est rien moins que la trahison de l’essentiel du message de la Torah.


Il va sans dire que, de même que ce message a été reçu par de milliards d’êtres humains, toute correction d’une éventuelle erreur de transmission aura obligatoirement des répercussions partout où la Bible existe.


Le Dieu des Chrétiens, de même que le God-Gott des anglo-saxons-germains est identifié à celui d’Adam, d’Abraham, celui de psaumes, celui de Jésus.

Comme nous l’avons fait remarquer dans notre Lettre au Pape (voir Archives), Jésus ne pouvait pas appeler son Père "Dieu" puisque ce nom n’existait pas.